Tout savoir sur les Yōkai, les mystérieux démons japonais

L’intérêt pour la culture japonaise du yokai a explosé ces dernières années. Des peintures et des estampes d’animaux aux formes changeantes, d’esprits aquatiques et de goules d’eau émergent dans des expositions partout au Japon et dans le monde.

L’étrange et étrange a longtemps influencé l’art japonais. Aujourd’hui, ces créatures mythiques japonaises peuvent être appréciées partout, des salles de musée aux célèbres films de Ghibli.

Mais qu’est-ce qu’un yōkai, d’où viennent-ils et que font-ils ? Poursuivez votre lecture pour en savoir plus sur le royaume envoûtant de ces créatures surnaturelles que l’on retrouve souvent dans le folklore japonais.

Quelle est la signification du mot yōkai ?

Yokai n’est pas simplement le mot japonais pour démon, comme on le croit parfois. Ils sont l’incarnation d’un moment : un sentiment d’effroi et d’égarement, ou de crainte et d’émerveillement devant un événement extraordinaire. Ou alors un son étrange ou un parfum particulier qui exige une explication, tout comme un phénomène ineffable expliqué uniquement par une entité surnaturelle. Il n’est donc pas étonnant que les caractères japonais de Yokai soient 妖怪, ce qui, pris individuellement, pourrait signifier mystère étrange ou séduisant !

D’où viennent les yōkai ?

Les Yokais existaient dans le folklore japonais depuis des siècles, mais c’est à l’époque d’Edo (XVIIe-XIXe siècles) qu’ils ont commencé à se répandre dans l’art. Ce n’est pas un hasard si leur ascension à l’avant-garde de la culture artistique a commencé à une époque où la technologie de l’imprimerie et de l’édition s’est répandue.

L’un des plus anciens exemples d’art yokai était le Hyakki Yagyo Zu, un parchemin du XVIe siècle qui dépeignait un pandémonium de monstres japonais. C’est sur cette base qu’est née la première encyclopédie définitive des personnages de yokaï du Japon, réalisée par l’imprimeur Toriyama Sekien au XVIIIe siècle. Grâce aux nouvelles technologies de la gravure sur bois, Sekien a pu produire en série des illustrations de yokai dans ses propres catalogues de la parade des monstres. Combien y a-t-il de yokai ? La série était connue sous le nom de série Gazu Hyakki Yagyo, signifiant « Parade nocturne illustrée d’une centaine d’esprits », bien que dans ce contexte, cent signifie simplement beaucoup ! Ces trois textes illustrent plus de deux cents de ces démons japonais, chacun avec sa brève description et son commentaire.

Dans son troisième livre, Konjaku Hyakki Shui (Supplément aux Cent Démons du présent et du passé), Sekien trouve son inspiration dans la mythologie chinoise. Il détaille un esprit nommé Shokuin qui hante la Montagne Pourpre de Nanjing. Il apparaît comme un dragon rouge à visage d’homme, qui plane au-dessus de la montagne à mille mètres de hauteur.

Une grande partie du travail de Sekien peut sembler familière aux fans des films d’horreur japonais modernes. Son illustration du Kiyohime, une femme tombée amoureuse d’un prêtre et transformée en un terrifiant serpent démon par la rage d’un amour non partagé, est un excellent exemple d’un style qui inspirera de nombreux artistes du genre horreur.

Il ne s’agit pas simplement d’une nouvelle version du vieux conte fantôme desséché et vengeur que nous avons l’habitude de voir. Il s’agit d’une torsion et d’un morphing de quelque chose qui était familier au lecteur, jusqu’à ce qu’il ne l’était plus. En fusionnant le naturel avec l’artificiel, une femme et un serpent, Sekien enlève le sentiment de sécurité du lecteur en infectant ce qui était auparavant normal.

Quels sont les yokaïs les plus célèbres ?

1 – Ijin

Les Ijin sont des gens de ce qu’on appelle Ikai, un monde qui est au-delà du nôtre. Ce sont des étrangers qui ont franchi la frontière qui sépare deux mondes, souvent pour accomplir une tâche.

Bien qu’il existe de nombreux types d’ijin, certains agréables et d’autres malveillants, la plupart sont considérés comme inoffensifs. Ces types vont des figures religieuses aux artisans, en passant par les mendiants et les pèlerins. Le Daikokuten, dans cette peinture du début du XXe siècle, est un exemple de ijin bienveillant.

Il est souvent décrit comme l’équivalent japonais de la divinité hindoue Mahakala, et comme un dieu de la richesse.

Le tableau ci-dessus montre une expression typique du Daikokuten, avec son sourire rayonnant et ses oreilles exagérées et gigantesques. Il tient un maillet d’or, ce qui porte bonheur à l’enfant.

2 – Oni

Le mot « oni » a une longue histoire. Il est apparu pour la première fois dans les textes anciens du VIIIe siècle, les Kojiki (Records of Ancient Matters) et Nihon Shoki (Chroniques du Japon).

Les descriptions des oni ont changé radicalement au fil du temps, à tel point que les chercheurs ont de la difficulté à évaluer ce qui constitue une description typique de la créature.

Dans cette peinture du XIXe siècle, le yokai est représenté comme une grande bête ogre au visage effrayant.

Pourtant ici, dans une sculpture d’une époque un peu plus ancienne, nous voyons un oni plus complexe.

Ils conservent leur aspect ogre, et bien qu’ils soient représentés avec des cornes et des crocs, ils sont devenus beaucoup plus anthropomorphes. Leurs expressions faciales ne sont plus aussi brutales et ils semblent presque absurdes avec leurs nez trop prononcés et leurs sourcils touffus.

3 – Yurei

Si le royaume de l’horreur japonaise contemporaine pouvait être encapsulé par une seule créature surnaturelle, alors ce yokai serait le yurei (fantôme). Un yurei ressemble souvent à son ancien soi, à son être vivant, mais dans la mort, la peau pâle, les bras pendus inutilement à ses côtés.

Un yurei est représenté dans un kimono blanc, une robe funéraire utilisée dans les rituels funéraires de la période Edo. Ses longs cheveux noirs sont tombés, comme le veut la tradition, avant la cérémonie d’inhumation.

En 1812, Utagawa Toyokuni Ier, artiste célèbre de la gravure sur bois, a illustré ce tableau pour accompagner le Conte de l’horreur de la gare de Yotsuya sur la route de Tokaido, il nous a magistralement fourni ce qui est devenu la représentation définitive d’un yurei.

L’influence de Toyokuni peut également être ressentie à travers les travaux de ses élèves. En particulier, Utagawa Kuniyoshi a partagé la fascination de son maître pour les monstres et démons japonais.

4 – Kappa

Le kappa est un humanoïde vert, semblable à une tortue, avec des mains et des pieds palmés et une carapace sur le dos. Au sommet de sa tête se trouve une entaille en forme de cuvette remplie d’eau, que les kappa équilibrent soigneusement. Elle est affaiblie si le contenu du plat est renversé.

La frontière entre les kappa et les autres types de créatures est floue. Mais comme c’est le cas de la plupart des yokai japonais, son nom est suggestif. Situé entre la périphérie du connu et de l’inconnu, un yokai porte le nom des impressions qu’il laisse ou de ses caractéristiques rapportées. Puisque le kappa est de la taille d’un enfant et qu’il s’attarde autour des rivières, son nom est une simple combinaison des mots enfant et rivière.

Ce netsuke du 19ème siècle sculpte les caractéristiques fondamentales des Kappa. Ses bras courts et écaillés et ses longues griffes acérées étaient autrefois largement redoutés, mais aujourd’hui, le vieux kappa est considéré avec un certain humour et une certaine moquerie pour son physique enfantin.

5 – Tengu

Le tengu est l’un des types de yokai japonais les plus connus, souvent entrelacé avec des histoires d’esprits des montagnes et d’habitants des forêts. Le tengu offre une longue histoire, apparaissant dans de multiples textes anciens et adoptant diverses images et représentations, jusqu’à ce que sa forme de base soit établie dans la période médiévale.

Les masques de fer du XVIIIe siècle ci-dessus montrent la représentation la plus reconnaissable et la plus contemporaine du Tengu sur la gauche, à côté de la représentation plus ancienne et plus traditionnelle sur la droite. Contrairement à sa représentation d’origine, le nouveau Tengu n’est ni plumes ni becs. Ce n’est plus un oiseau monstrueux mais un être presque anthropomorphe.

Le monde du yokai est vaste, et bien qu’il devienne plus populaire que jamais, il est facile de se perdre dans le reconditionnement de la culture japonaise du yokai pour charmer le public moderne. Il n’y a donc jamais eu de meilleur moment pour explorer l’histoire de l’inexplicable et découvrir par vous-même ce qu’est vraiment un yokai !

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